J’ai eu si peur : j’ai cru que je ne reboirai plus de jus d’orange

Car les saveurs ne s’extraient des plis de la réalité qu’à l’occasion d’une forme de ralentissement. Autrement, ce même monde a l’éclairage des néons de supermarchés, l’odeur de la Javel sur laquelle on aurait un peu trop forcé, et le rythme du TGV. Au final, on n’a rien vu du paysage, on ne gardera aucun souvenir de l’expérience. Ce monde n’est plus vivant, il est juste fonctionnel. Tout ceci est d’une tristesse absolument accablante.

Ma route en yoga patriarcal

Je pense que le yoga ashtanga ou le yoga Iyengar sont piégeux. Demandeurs en investissement, ils peuvent devenir le terreau idéal du déploiement des habituels mécanismes de domination / soumission, sous couvert de respect de la tradition. La tradition, toujours changeante, devrait être définie avant d’en exiger à quiconque l’éventuel respect.

Les contours de l’Amour – lettre à mon fils

Cette histoire est d’une banalité qui crée des réticences en moi : est-ce que je parle de cet enfant qui hante mes nuits de ses réveils depuis plusieurs années ? Cette souffrance ordinaire est-elle digne d’intérêt dans un environnement qui tend à glorifier les succès à 6 chiffres, que l’on fait paraître être advenus « overnight » ? Car cette histoire n’est qu’une pauvre histoire de tous les jours, à la Zola mais sans aller jusque-là. Elle se vit surtout dans beaucoup de silence, les yeux humides et les questions, sans réponse. Voilà la vérité toute nue : j’ai accouché d’un enfant qui ne dort pas bien.

Mon féminisme, ma puissance, mon yoga

Vivre dans sa puissance plus particulière de…femme, c’est pour moi oser incarner au particulier ce dont les luttes féministes nous parlent en théorie. C’est oser voir les tenants et aboutissants du système patriarcal en place, sans aucun jugement. Ils sont un fait extérieur, je l’envisage droit dans les yeux. Comment je choisis de poser des actes créatifs qui vont dans une direction autre avec ce fait extérieur existant ? Voilà ce qui m’intéresse, car j’ai du pouvoir là-dessus.

Faire l’amour à la vie

Je me souviens sentir un flux qui irriguait mon dos pendant que je conversais avec les oiseaux (façon de parler). Ça me donnait chaud. Je me souviens me sentir prête. Très prête. Ce picotement qui me tirait du lit, je le ressentais comme une urgence à vivre. J’avais très envie de vivre.

Yoga Shala interviewe…Annick Goueslain

Annick Goueslain pratique le yoga ashtanga depuis les années 95/96. Elle compte parmi les pratiquant.e.s français les plus expérimenté.e.s. Quand elle ne forme pas des enseignants, elle vit et enseigne à Aix-les-Bains.

Être en bonne compagnie

J’ai longtemps cru que je ne survivrais pas à ce monde. Tout me heurtait, tout le temps. J’en tirais rapidement la conclusion que j’étais née sans l’équipement nécessaire pour faire face, et que tous les autres s’en sortaient apparemment mieux. Heureusement, quelques artistes très décadents étaient là pour me rappeler qu’il y avait bien pire. Bizarrement, ça ne me rassurait pas des masses en fait.

Le café YOGA, c’est quoi ?

Il se passe beaucoup de choses durant les temps informels, même si c’est difficilement mesurable. Un peu comme en amour. Ces temps sont du sur-mesure emballé dans une banalité qui n’est qu’apparente.

La vie n’est pas « ce que tu crois ». Et le yoga non plus.

Ton corps n’est pas ce que tu essaies de lui faire vivre de l’extérieur. Les asanas sacrés du yoga ne se créent pas mécaniquement à la manière d’un automate vidé de ses qualités perceptives. Ils s’accueillent sur des secondes au goût d’éternité, lorsque le corps est réceptif et préparé, sans générer aucune tension physique ou mentale.

Le vide aussi, s’explore

Pour moi jusque-là, le vide soit ça se remplit…soit l’on s’y noie. Tout est mis en place pour ne surtout pas ressentir son intensité de manière directe. Intellectuellement, je pourrais écrire tout un bel article bien léché et théorique sur « le moment présent, faire de l’espace bla bla bla »., mais en fait je préfère écrire depuis ce que je vis et qui s’intègre, peu à peu.